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Les Messagères de la Lumière sont des rencontres que j’ai réalisées au cours des voyages dans mon intérieur. La pratique du dessin automatique*, l’expression qui sort de l'inconscient, m'a aidée à descendre dans les profondeurs de mon être, à faire face aux fantômes de mon enfance. Mes créations, qui émergent du prolongement de ma propre pulsation sanguine, sont la traduction émotionnelle, le réflecteur de mon vécu et de mes visions. Mon regard se porte vers mes paysages intérieurs et non sur un monde dit réel.  Ce ne sont pas des mots, mais des sons que j’écoute. Une langue inconnue devient musique. J’écoute des taches. Je peins des vibrations. Ma main qui dessine la ligne, reflète mon âme.

 

Le souvenir inconscient remonte à la surface et se mêle à mes projections de l'instant. J’ai été confrontée très tôt à la douleur - une mémoire individuelle et pour autant, cette mémoire nous est commune: nous sommes les héritiers de toutes nos peurs et souffrances à vaincre et de toutes nos plaies à soigner. Nous sommes les héritiers de tous nos souvenirs douloureux psychiques ou physiques. La mémoire est notre compagnon. Elle est la voix intérieure qui nous secoue.

 

La « fenêtre » devient ouverture vers la vie. La vie que j’associe à la lumière et aussi minime soit-elle, est la lueur d’espoir pour continuer. La « fenêtre » est l’invite à franchir le seuil, à quitter le huis clos dans lequel nous enfermons notre solitude hantée de cauchemars. La « fenêtre » est l’invitation à vivre, à céder la place à la lumière.

 

Grâce à cette fenêtre cachée en notre for intérieur, nous avons accès à d’autres réalités qui nous permettent de danser sur un fil imaginaire vers le pays enchanté, d’avoir une conversation avec nos démons, de rencontrer les Messagères de la Lumière ou de déployer nos ailes. Un monde fantastique, car l’homme ne se nourrit pas seulement de pain, mais aussi de rêves, de lumière et d’espoir pour pouvoir (sur)vivre dans la réalité extérieure, échapper au quotidien et sortir de la pénombre, pour pouvoir oublier, même pour un instant, la douleur et se sentir un peu plus heureux.

 

* Découvert par André Breton (1896 – 1966, écrivain, poète, essayiste, théoricien et principal fondateur du surréalisme, 1924 – 1966) et Philippe Soupault (1897 - 1990, poète, cofondateur du surréalisme), l’écriture et le dessin automatique impliquent de rédiger ou de dessiner le plus rapidement possible tout ce qui nous passe par la tête, avant que la raison ou la logique n’intervienne.

 

 

 

Die Botinnen des Lichts sind Begegnungen, die ich auf den Reisen in meinem Inneren erlebt habe. Das automatische Zeichnen, der Ausdruck aus dem Unbewussten, hat mir geholfen, in die Tiefen meines Wesens hinabzusteigen, mich den Geistern meiner Kindheit zu stellen. Meine Bilder, die über die Verlängerung meines eigenen Pulsschlags zum Vorschein kommen, sind die emotionale Übersetzung, der Reflektor meines Erlebten und meiner Visionen. Mein Blick richtet sich auf meine inneren Landschaften und nicht auf eine so genannte reale Welt. Ich lausche nicht den Worten, sondern den Tönen. Eine unbekannte Sprache wird zu Musik. Ich höre Farbkleckse. Ich male Vibrationen. Meine Hand, die die Linie zeichnet, spiegelt meine Seele wider.

 

Die unbewusste Erinnerung kommt hoch und vermischt sich mit meinen Projektionen des Augenblicks. Schon sehr früh wurde ich mit dem Schmerz konfrontiert - eine individuelle Erinnerung und dennoch ist uns allen diese Erinnerung gemein: wir sind die Erben all unserer Ängste und Leiden, die es zu überwinden, und all unserer Wunden, die es zu heilen gilt. Wir sind die Erben all unserer psychischen und physischen schmerzvollen Erinnerungen. Die Erinnerung ist unser Gefährte. Sie ist die innere Stimme, die uns aufrüttelt.

 

Das Fenster wird Öffnung zum Leben. Das Leben, welches ich mit Licht assoziiere, und sei es noch so minimal, ist der Hoffnungsschimmer, um weiterzumachen. Das Fenster ist eine Einladung die Schwelle zu überschreiten, das stille Kämmerlein zu verlassen, in dem wir unsere von Alpträumen geplagte Einsamkeit einsperren. Das Fenster ist die Einladung zu leben, Platz einzuräumen für das Licht.

 

Dank dieses versteckten Fensters in unserem Inneren haben wir Zugriff auf andere Realitäten, die es uns erlauben auf einem imaginären Seil ins Zauberland zu tanzen, eine Konversation mit unseren Dämonen zu führen, den Botinnen des Lichts zu begegnen oder unsere Flügel auszubreiten. Eine fantastische Welt, denn der Mensch ernährt sich nicht nur von Brot, sondern auch von Träumen, von Licht und Hoffnung, um in der äuβeren Realität zu (über)leben, dem Alltag zu entrinnen und aus dem Dunkeln zu treten, um, selbst für einen Augenblick, den Schmerz vergessen zu können und sich ein wenig glücklicher zu fühlen.

 

 

 

I paint my soul through a need to reconstitute a memory. As André Breton explained, automatic drawing is the expression which emerges from the unconscious. Practising automatic drawing has helped me to descend into the depths of my being, to face the ghosts of my childhood. In this interior quest I explore regions, not far off but hidden, hidden within my innermost being. I clear a path, dig layer by layer to the unexplored territory which inhabits me. My pictures, which emerge as a continuation of my very pulse, are the emotional translation, the reflection, of my past and of my visions.I paint my soul.

 

The unconscious memory rises to the surface and intertwines with my instantaneous projections. When I was very young I was confronted with the pain - an individual memory and nevertheless, this memory is common to all of us: we are the inheritors of all our fears and suffering which are to be overcome and all our wounds which are to be healed. We are the inheritors of all our painful psychological or physical memories. Memory is our companion. It is the inner voice which moves us.  

 

It is not cruelty which is painted, but the hope which each of us can nourish. From canvas to canvas the window becomes the opening on to life. The life which I associate with the light, despite it being so minimal, is the glimmer of hope for continuation. The window is an invitation to cross the threshold, to leave the confined space haunted by nightmares in which we imprison our solitude. The window is the invitation to live, to make way for the light.

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