Deutsch s.u.

Dans mon travail, qui s'articule en particulier autour de l'installation, je réveille les âmes - anges et démons, non pas qu'ils se livreraient un combat, ils tachent davantage d'établir le dialogue ; les messagères de la lumière nous apportent la lueur dans la pénombre, tandis que les démons nous torturent l'esprit. Les deux ne sont pas à dissocier, tout comme l'âme et le corps. Si le corps a besoin d'une âme, l'âme a besoin d'un corps. François Cheng disait : « Sans âme, le corps n'est pas animé ; sans corps, l'âme n'est pas incarnée ».

En dehors de la toile, j'aime particulièrement travailler avec du papier, autant pour sa légèreté, sa transparence et son toucher que pour sa maniabilité. J'y laisse couler les traces qui émergent du prolongement de ma propre pulsation sanguine ; elles sont la traduction émotionnelle, le réflecteur de mon vécu et de mes visions. La pratique du dessin automatique, l'expression qui sort de l'inconscient, m'a permis de descendre dans les profondeurs de mon être. Mon regard se porte vers mes paysages intérieurs et non sur un monde dit réel. Ce ne sont pas des mots, mais des sons que j'écoute. Une langue inconnue devient musique. J'écoute des taches. Je peins des vibrations. Des créatures mi-oiseau, mi-homme, mi-fantôme surgissent de mon inconscient, déploient leurs ailes et se glissent par la fenêtre. Vers la lumière.

Le spectateur est transporté sur le sentier de la découverte d'une autre réalité et du lien unissant le monde réel et le monde sensible des rêves.

 

 

 

In meiner Arbeit, in der es in erster Linie um Installationen geht, wecke ich die Seelen auf - Engel und Dämonen, nicht, dass sie sich einen Kampf liefern würden, sie versuchen eher einen Dialog zu führen; während die Botinnen des Lichts uns einen Schimmer im Dunkeln bringen, quälen die Dämonen unseren Geist. Beide kann man nicht voneinander trennen, genauso wie auch Seele und Körper zusammengehören. Wenn der Körper eine Seele benötigt, so braucht auch die Seele einen Körper. François Cheng meinte: "Ohne Seele ist der Körper nicht belebt; ohne Körper ist die Seele nicht menschgeworden".

Außer auf der Leinwand, arbeite ich besonders gerne mit Papier, sowohl wegen der Leichtigkeit, der Transparenz und des Stoffes als auch wegen der Bearbeitbarkeit. Ich hinterlasse dort Spuren, die über die Verlängerung meines eigenen Pulsschlags zum Vorschein kommen; sie sind die emotionale Übersetzung, der Reflektor meines Erlebten und meiner Visionen. Das automatische Zeichnen, der Ausdruck aus dem Unbewussten, hat mir geholfen, in die Tiefen meines Wesens hinabzusteigen. Mein Blick richtet sich auf meine inneren Landschaften und nicht auf eine sogenannte reale Welt. Ich lausche nicht den Worten, sondern den Klängen. Eine unbekannte Sprache wird zu Musik. Ich höre Farbkleckse. Ich male Vibrationen. Kreaturen - halb Vogel, halb Mensch, halb Phantom - tauchen aus meinem Unterbewusstsein auf, breiten ihre Flügel aus und gleiten aus dem Fenster. Dem Licht entgegen.

Der Betrachter begibt sich auf den Pfad der Entdeckung einer anderen Realität und des Bandes zwischen der realen Welt und der Welt, die für Träume offensteht.

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© Alexe Sawatzki 2013